i #FrenchTechCotedAzur, les raisons de l’échec | MediaTic Info
sophia

#FrenchTechCotedAzur, les raisons de l’échec

Quels ont été les critères pris en compte pour que l’écosystème englobant Sophia Antipolis ne soit pas retenu ? Une claque pour celle qui se revendique comme la première technopole d’Europe spécialisée dans les technologies de l’information. Le manque de précision de ses accélérateurs privés et le manque de coordination des actions ont sans doute joué en sa défaveur.

Taille critique de l’écosystème existant, dynamique de croissance, mobilisation des entrepreneurs, montant conséquent des levées de fonds, nombre de start-up en très forte croissance, success stories de niveau mondial, gouvernance publique, projets ambitieux, infrastructures favorables à la croissance des entreprises… Si l’on s’en tient aux critères du cahier des charges, Nice, Sophia Antipolis, Cannes et Grasse, réunies sous l’appellation French Tech Côte d’Azur, n’ont donc pas convaincu la Mission French Tech et ses partenaires (la Direction générale des entreprises, la Caisse des dépôts et Bpifrance) puisque c’est sur leurs propositions que la secrétaire d’État au Numérique, Axelle Lemaire, s’est appuyée pour prendre ses décisions.

Une évidence
Une claque pour Sophia Antipolis, pour celle qui se revendique comme la « première technopole d’Europe, réputée mondialement, pour son excellence dans les technologies de l’information », et Nice qui s’affirme « pionnière et maintes fois primée sur les thématiques de la ville intelligente, interconnectée et durable », dont la labellisation semblait, il y a encore quelques semaines comme une évidence pour Jacques Lesieur, directeur général de Team Côte d’Azur, l’agence de promotion économique, qui coordonne le projet. « Nous sommes depuis une cinquantaine d’années un territoire positionné sur les nouvelles technologies et leurs usages », déclarait-il dans la presse.

Où sont les failles ?

On peut s’interroger en effet eu égard à la labellisation, parmi les neuf lauréates, de villes dont la compétence numérique n’était pas a priori connue.
En scannant la candidature, elle semble pourtant réunir un certain nombre de critères, à commencer par une forte mobilisation des acteurs et une unité institutionnelle (de façade ?) des acteurs publics : les villes de Sophia, Nice, Cannes et Grasse, auxquelles la métropole de Nice Côte d’Azur, les communautés d’agglomération de Sophia Antipolis, des Pays de Lérins (Cannes) et du Pays de Grasse, le Conseil général des Alpes-Maritimes, la CCI Nice Côte d’Azur et l’Université Nice – Sophia Antipolis, ont  apporté leur soutien. De la partie également : le Club des Dirigeants de Sophia Antipolis, l’UPE 06, Telecom Valley, French Riviera Tech, pôles de compétitivité, université, centres de recherche, écoles d’ingénieurs et associations … Soit au total plus de 600 soutiens.

Masse critique et dynamisme ?

« La Côte d’Azur est le seul territoire en Europe, avec Munich, qui dispose d’une masse critique équivalente d’entreprises technologiques à très forte valeur ajoutée, de niveau international, dans les trois grands domaines des TIC – microélectronique, télécoms et logiciels », vantait le dossier de candidature.
Le pôle numérique azuréen revendique une croissance de 7 % à plus de 4 Md€  de CA en 2013, « soit la plus forte croissance depuis 5 ans ». L’écosystème aurait généré 945 entreprises en trois ans et procédé à 96 levées de fonds pour 27 M€ de capitaux d’amorçage et 171 M€ en capital-risque et capital-développement depuis 2010.

Son projet ?

Les acteurs ambitionnent d’embarquer chaque année 50 nouvelles start-up dans un processus d’accélération et de faire émerger 10 nouveaux « tech champions » à rayonnement international d’ici 10 ans.
Le dossier propose trois accélérateurs publics / mixtes et 7 privés, dont deux en cours de structuration. Peut-être est-ce à ce endroit que se situe la faille : la faiblesse des projets réellement ficelés. Il est question d’accélérateurs portés par Amadeus, Thales ou Amadeus mais rien de bien concret. Le projet phare, Sophia Tech 2.0, est porté par le groupe international Regus Innovation en collaboration avec EIT ICT Lab, Entrepreneur Avenue, le Groupe Inno, Young Entrepreneur School, Smart in-Factory et Sophia Business Angels.

Labellisation en 2015 ?

« Les candidatures instruites jusque-là concernent des métropoles, tandis que celle de la Côte d’Azur est celle d’un « territoire puissance 4 »: le montage est un peu plus long à élaborer », tente d’expliquer le communiqué officiel. « Comme David Monteau l’a précisé lors de cette visite, il ne s’agit pas d’une course de vitesse, mais d’un processus itératif de construction de projets. La communauté French Tech Côte d’Azur n’a cessé, depuis la visite du 3 octobre, de préciser ses projets, et notamment ceux des accélérateurs privés du territoire, d’étoffer ses plans de travail et de coordonner ses efforts. C’est ainsi que, ce 12 novembre, les entrepreneurs du numérique azuréen étaient réunis en séminaire à Sophia Antipolis pour mettre au point leurs plans d’action », indique  Jacques Lesieur. Le chef de projet French Tech Côte d’Azur précise qu’une nouvelle copie pourrait être remise début décembre, pour une instruction courant 2015.

Victime d’une compétition de territoires

«  Que l’on ne vienne pas me dire qu’il s’agit d’un problème politique. Sinon Aix-Marseille n’aurait pas été sélectionnée », a réagi Patrick Allemand, vice-président socialiste de la Région PACA et leader de l’opposition à Nice. « L’absence regrettable de Sophia-Antipolis du réseau French Tech est la conséquence directe d’une stratégie qui, derrière le discours officiel de façade, cherche à développer l’OIN, en compétition permanente avec son écosystème naturel, Sophia Antipolis. »
Le président de l’Agence régionale de l’innovation et de l’internationalisation déclare avoir sollicité un rendez-vous auprès d’Axelle Lemaire et invite l’ensemble des parlementaires à le rejoindre.

Adeline Descamps

Ce contenu a été publié dans French Tech, avec comme mot(s)-clé(s) , , , , , . Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *