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Fleur pellerin (ministre culture)

Fleur Pellerin plaide pour un marché unique du numérique

La ministre de la Culture veut éviter que les acteurs français du secteur ne soient défavorisés face aux acteurs extra-européens comme Netflix.

Vendredi, Fleur Pellerin, ministre de la Culture et de la Communication, a ouvert le Forum d’Avignon, qui se penchait pendant une journée sur l’enjeu grandissant des données culturelles. Nouvelle ministre de la Culture et ancienne ministre du Numérique, Fleur Pellerin est particulièrement attachée au développement des initiatives culturelles autour des données culturelles. Elle a annoncé que le ministère de la Culture et toutes les institutions qui lui sont rattachées, dont la Bibliothèque nationale de France, vont mettre leurs données culturelles à disposition du public sur le portail data.gouv.fr. L’utilisation des données mises à disposition du public, ou «open data», est un véritable enjeu de croissance. Selon une étude de McKinsey, l’open data pourrait générer un surplus de croissance estimé à près de 900 milliards d’euros en Europe sur les prochaines années!

Aujourd’hui, les données personnelles sont en passe de devenir le véritable or noir de l’économie numérique. Si elles sont source de croissance, leur collecte et leur utilisation ne doivent pas échapper à tout contrôle, ni être concentré entre les mains de quelques grands groupes comme Google et Facebook.

Déclaration universelle des droits de l’homme numérique

La Commission européenne s’est saisie de la question et s’apprête à élaborer une directive sur la collecte des données personnelles ainsi qu’un projet de règlement sur la protection de ces mêmes données. «Depuis deux ans, je me bats pour éviter que les différents États européens ne se fassent concurrence au bénéfice des acteurs extra-européens qui peuvent choisir le Luxembourg, l’Irlande ou les Pays-Bas pour profiter d’une fiscalité avantageuse, d’obligations culturelles allégées ou d’une réglementation souple sur les données personnelles. Il faut absolument réussir à faire un marché unique du numérique pour éviter que les acteurs français ne soient défavorisés face aux acteurs extra-européens.» Un début de réponse à l’heure où l’américain Netflix, opérant depuis les Pays-Bas, débarque en France, en Belgique, en Allemagne et en Suisse.

En attendant l’instauration de règles européennes communes, le Forum d’Avignon a pris l’initiative de lancer une Déclaration universelle des droits de l’homme numérique déjà signée par une centaine de personnalités du numérique et de la culture. Cette déclaration estime que les données personnelles ne peuvent être réduites à une marchandise. D’autres articles stipulent que l’exploitation raisonnable des données doit être encadrée par une charte éthique universelle protégeant la dignité, la vie privée et le pluralisme des opinions. Nulle entité, publique ou privée, ne doit utiliser des données personnelles aux fins de manipuler l’accès à l’information, la liberté d’opinion ou les procédures démocratiques. Enfin, tout être humain doit disposer d’un droit de regard, de confidentialité et de contrôle sur ses données personnelles.

Publié le 19/09/2014 par le Figaro.fr -Enguérand Renault

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